Les films de Miyazaki et du Studio Ghibli avec Ian Gailer du FCVQ
Baptiste et Etienne reçoivent Ian Gailer, ancien directeur général et directeur artistique du Festival de Cinéma de la Ville de Québec (FCVQ), pour plonger dans l’univers du cinéaste japonais Hayao Miyazaki et du Studio Ghibli. Une conversation passionnée sur un cinéma d’animation unique, porté par des thématiques profondes et une esthétique inimitable.
Un cinéma fait pour durer
Miyazaki lui-même l’a dit : ce qui l’importe, c’est de faire des films que les enfants voudront montrer à leurs propres enfants. Son cinéma s’inscrit dans la durée, à contre-courant d’une industrie obsédée par les chiffres de billetterie. Ian souligne qu’un bon film “goûte longtemps”, parfois même amer ou triste, et c’est précisément ce qui le rend mémorable.
Une maîtrise visuelle et technique incomparable
L’animation de Ghibli se distingue par son soin extrême du détail, autant dans les personnages que dans les décors. Le taux de défilement, le choix de ce qui bouge et de ce qui reste statique, les effets de mise au point, tout est délibéré. Les paysages sont si minutieusement dessinés qu’on pourrait contempler une image figée pendant des minutes. Ce niveau de contrôle artistique total explique d’ailleurs pourquoi Miyazaki a réagi avec indignation à une démonstration de génération d’animation par intelligence artificielle, qu’il a qualifiée d’insulte à la vie elle-même.
Des thématiques riches et nuancées
Les films de Miyazaki reviennent constamment sur des grandes thématiques : la guerre, l’environnement, la relation entre technologie et nature, et le consumérisme. Les personnages qui cherchent pouvoir et richesse finissent toujours par en payer le prix, mais sans jamais être brisés. Et surtout, la morale n’est jamais manichéenne : les antagonistes ont leurs propres raisons, leur propre code. On est loin du méchant “evil” sans nuance du cinéma hollywoodien.
Des protagonistes qui grandissent
Une autre marque de fabrique : des héroïnes ou des héros qui partent de l’enfance ou de l’immaturité et évoluent visiblement au fil du récit. Dans Le Château Ambulant, la transformation physique de Sophie entre jeunesse et vieillesse reflète directement son état intérieur. Cette thématique de maturité et d’émancipation est présente dans presque chaque film, souvent accompagnée d’une douce nostalgie pour ce qu’on était avant.
Les avions, symbole d’une enfance marquée par la guerre
La récurrence des avions dans l’oeuvre de Miyazaki n’est pas anodine. Né en 1941, il a vécu les bombardements américains avec des yeux d’enfant. Ses avions, toujours un peu trop gros, avec trop d’ailes, aux formes improbables, sont le reflet de cette mémoire enfantine. L’avion est aussi chez lui un symbole de liberté, une façon d’aplanir les contraintes et d’aller vers l’ailleurs.
Le lien avec Zelda : Breath of the Wild
Zelda: Breath of the Wild s’inspire très ouvertement de l’univers de Miyazaki. Le célèbre trailer du jeu reprend presque plan par plan une scène de Princesse Mononoke. Le château volant, les robots de pierre, la cohabitation de la technologie et de la nature : tout cela renvoie directement au Château dans le Ciel. Si vous voulez “jouer à du Miyazaki”, Zelda est la réponse.
Les tops 3 des invités
Les trois participants ont partagé leurs films préférés. Baptiste met en tête Le Château dans le Ciel pour son pouvoir d’émerveillement, suivi du Château Ambulant et de Porco Rosso. Etienne choisit Mon Voisin Totoro pour son côté presque thérapeutique, puis Le Château Ambulant (pour sa musique notamment, qu’il a appris à l’accordéon) et Princesse Mononoke. Ian Gailer défend Nausicaa de la Vallée du Vent comme son film de coeur, cite Mon Voisin Totoro et place Princesse Mononoke dans son top, saluant son caractère étonnamment violent et sa grande ambiguïté morale.
Les découvertes du mois
The Last of Us (série et jeu) : Baptiste a reparti en parallèle la saison 1 de The Last of Us et le jeu sur PC, en préparation pour la saison 2. Il souligne à quel point la série reproduit fidèlement certaines scènes du jeu, plan par plan, tout en s’autorisant des libertés marquantes, comme le célèbre épisode 3 consacré à Bill et Frank.
Astro Bot : Etienne a découvert ce jeu de plateforme 3D, sacré jeu de l’année 2024 aux Video Game Awards. Le jeu met en vedette un petit robot qui doit sauver une PlayStation 5 et exploite à fond les fonctionnalités de la manette PS5 (triggers à résistance variable, vibration HD, gyroscope). Recommandation enthousiaste pour tous les âges.
Split Fiction : Baptiste a commencé ce jeu coopératif du studio Hazelight, les créateurs de It Takes Two. Un jeu exclusivement en co-op à deux joueurs, qui alterne constamment entre univers fantasy et science-fiction, avec des mini-jeux inventifs et un rythme qui ne laisse jamais souffler.
Bref 2 : La suite de la série française culte de Kyan Khojandi débarque sur Disney+, disponible au Québec. Six épisodes de 30 à 40 minutes, dans le même style d’écriture que la saison originale, mais avec un personnage principal qui aborde la quarantaine et fait face à une introspection plus profonde. Coup de coeur des deux animateurs.
Severance (saison 2) : Baptiste et Etienne continuent de suivre la saison 2 d’Apple TV+, qu’ils préfèrent commenter après la fin de la saison. Ils en profitent pour souligner le travail exceptionnel de la directrice photo Jessica Lee Gagné, originaire de Québec.
Philips Hue Sync sur LG : Etienne a testé l’application Hue Sync disponible sur les téléviseurs LG 2024 et plus. L’application synchronise les lumières Philips Hue de la pièce avec les couleurs de l’image en temps réel, augmentant l’immersion lors du visionnement. Résultat : une expérience surprenante et addictive, surtout en regardant Severance.